Après des mois de suspense, Vadim a enfin découvert le terrible secret de Noémie. L’occasion pour la rédaction d’AlloCiné de s’entretenir avec Eunice Van Hocke sur cette arche pleine de rebondissements. Confidences !
Après plusieurs mois d’attente, Vadim (Léo Mazo) vient enfin de découvrir le secret de Noémie dans Plus belle la vie, encore plus belle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a donné lieu à une scène très intense.
L’occasion pour la rédaction d’AlloCiné d’interroger Eunice Van Hocke sur cette intrigue mouvementée qui va faire tomber le masque de cette héroïne aussi complexe que fascinante. Confidences !
AlloCiné : Plus belle la vie aborde encore un sujet de société très fort : la pédocriminalité. Comment on se prépare à porter une intrigue aussi importante ?
Eunice Van Hocke (Noémie) : Ça m’a beaucoup touchée, notamment le fait de jouer avec Agathe Dodemant qui joue Lucie. Je pense qu’on a tous vécu un moment comme ça. Moi, ça m’a rappelé mon collège, c’était quelque chose qui me touchait personnellement et que je trouvais hyper intéressant à défendre.
Après, pour la pédocriminalité, on se renseigne. J’ai eu besoin de faire des recherches, de voir les chiffres qui sont alarmants. En plus, il y a eu récemment ce sujet dans l’actualité. Tous ces renseignements m’ont nourrie et ont nourri la rage de Noémie.
Je devais aussi comprendre comment elle pouvait arriver à faire ça, à passer à l’acte. Autant je l’avais compris par vengeance auparavant, autant là c’était totalement différent. C’est une autre mentalité à adopter. Il fallait que je comprenne la haine des proches qui sont touchés par ce genre d’affaires. J’ai regardé des interviews, j’ai lu, et les chiffres m’ont vraiment choquée.
Comment décririez-vous l’évolution de la relation entre Lucie et Noémie ? Vu son histoire, on imagine que Noémie a besoin d’être un vrai pilier pour la jeune fille ?
Je trouve que Noémie a vraiment cette blessure de la figure féminine qu’elle n’a pas eue : la mère, la baby-sitter. Elle avait envie de jouer ce rôle de sœur. C’est une relation importante autant pour Lucie que pour Noémie. Elle a besoin d’elle, de cet accroche-là et de cet amour qu’elle ne connaît pas.
Elle ressent un amour hyper pur pour elle. C’est évident pour elle qu’il faut la défendre et que c’est “elles deux contre le reste du monde” dans tout ce chaos. C’est une évidence de la protéger parce qu’elles ont créé un lien d’amour.
Lors de notre dernière interview, vous nous disiez que Noémie risquait de repasser à l’acte parce qu’elle ne supporte pas l’injustice. C’était trop pour elle de voir que la police allait laisser Gaëtan Lenoir en liberté ?
Exactement ! C’est ça que je trouve génial avec l’écriture : il y a eu ce moment où elle s’est dit, grâce à Vadim qui voulait faire les choses bien, qu’elle allait être du bon côté et faire en sorte qu’il soit en prison.
Le fait qu’il sorte réveille toute sa haine, sa rancœur et toute cette idée d’injustice. Je trouve ça hyper fin et bien pensé parce que c’est ce qui l’anime. C’est trop chouette qu’elle ait essayé, même si ça n’a pas marché.
Pour elle, c’est vraiment inenvisageable d’aller voir la police et de trahir la promesse qu’elle a faite à Lucie ?
C’est son monde, Lucie. Il y a même un moment où Lucie passe avant Vadim. Les enfants passent avant tout, ce sont des êtres purs et innocents qu’il faut protéger. Elle sent que c’est sa mission.
Elle a quand même fait cette promesse et chaque mot a un sens et compte. C’est aussi hyper intéressant : dès qu’elle dit quelque chose, elle le fait. C’est important pour elle de défendre ceux qu’elle aime.
Finalement, c’est par amour pour Lucie et pour la protéger que Noémie se met en danger. Qu’est-ce que ça dit d’elle finalement ?
Elle se sacrifierait pour elle. Tant que Lucie est hors de danger, elle peut partir sereine. Elle sait qu’elle fait justice à sa manière et elle ne regrette rien, même si elle se fait arrêter, même si elle a peur et que la prison est inenvisageable pour elle. C’est ça qui est beau.
On s’attache à elle pour toute cette complexité. C’était trop chouette à défendre et à comprendre. On n’est pas tout blanc ou tout noir. C’est cool aussi que le personnage divise : certains ne voient que la tueuse en série, d’autres voient son attachement aux gens. Elle aime l’humain dans ce qu’il a de plus beau.
Pour la première fois, les téléspectateurs voient Noémie passer à l’acte sans rien avoir préparé. Avec Darius, il s’agissait d’un plan bien rôdé. Avec Lenoir, elle agit impulsivement et on la voit d’ailleurs lutter intérieurement avant de finalement le tuer. Était-ce intéressant à jouer pour vous ? Est-ce que c’est aussi une torture pour elle de rendre justice de cette manière ?
Oui ! J’étais agréablement surprise qu’on mette ça dans le personnage. Ça a été un soulagement pour elle de se venger de Darius. Là, c’est quelque chose qu’elle n’a pas calculé. C’est la première fois qu’elle ne calcule pas et qu’elle ne peut pas calculer. C’est plus fort qu’elle, c’est épidermique.
Elle est obligée de faire quelque chose parce qu’elle sent qu’elle perd le contrôle, et elle déteste ça. Cette impulsion est presque animale, comme une mère qui défend ses petits. En même temps, comme ce n’est pas prévu, il y a la voix de Darius dans sa tête — j’ai imaginé que c’était sa voix parce que c’est lui qui l’a construite depuis toute petite — mais aussi la voix de Vadim. Son amour pour elle la touche : il veut faire les choses bien, dans l’ordre, même si c’est pour rendre justice. Ça a commencé à brouiller son propre système de justice à elle.
Il y a cette scène très forte où Vadim découvre la vérité et la supplie de tout lui avouer. On sent Noémie déstabilisée, en stress. Comment s’est passé le tournage de cette scène ?
J’ai tellement hâte de la voir ! C’était la dernière journée de tournage, l’une des scènes de fin. J’avais vraiment envie de la bosser à fond parce que je trouvais que c’était le nœud de Noémie. Tout était dit : le fait d’être repérée, d’être vue sincèrement par Vadim et d’être acceptée par lui. C’est quelque chose qu’elle ne peut pas comprendre tout de suite. C’était hyper beau à creuser et à jouer. C’était une intensité folle. On a coupé et on s’est dit qu’on l’avait, qu’on ne gâcherait pas ce moment-là. On était vraiment connectés. C’est l’une des scènes qui m’a marquée.
Est-ce que vous vous attendiez à ce que Vadim découvre tout sans qu’elle ne lui dise rien ?
Non, pas du tout ! J’ai été très surprise. En même temps, il y avait des petits indices partout. Il posait des questions, il est très observateur. Il est très humain, il capte les gens même s’il a cette barrière de dérision et d’humour noir.
Ça se sentait qu’il reniflait quelque chose. J’étais heureuse qu’il le découvre par lui-même car ça lui donne un vrai rôle de choix dans cette relation. Ce n’est pas un truc qu’on lui impose, c’est lui qui choisit. C’est important qu’il soit moteur.
Est-ce que vous avez d’autres projets dont vous souhaiteriez nous parler ?
Pour l’instant, des petites vacances ! Mais je suis surtout raconteuse d’histoires pour les enfants. C’est vraiment très chouette, un émerveillement permanent du monde. Je fais ça à “La Maison des Histoires”. S’il y a des gens qui ont des enfants de 0 à 7 ans, n’hésitez pas, c’est un très chouette lieu autour de la lecture.
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